Du beau monde pour l’«Annual Exchange of ideas Conference» organisée à Marrakech à l’initiative du CAM.

Cette édition, qui a réuni des experts de renom et une centaine d’entreprises marocaines, a été caractérisée notamment par la présentation et l’analyse des événements marquants des marchés de capitaux nationaux et internationaux durant les neuf premiers mois de l’année en cours. Les intervenants ont ainsi planché sur des sujets traduisant à la fois les attentes et les soucis de l’auditoire, dont la global macro et l’impact sur le cours des changes et de commodities, les perspectives de quelques devises majeures et la relation entre l’industrie des «Hedge funds» et l’évolution des cours des matières premières. La place que doit occuper le risk management dans l’organisation des entreprises exposées aux aléas des marchés et les mécanismes de prédiction et de décision pour la couverture dans l’industrie céréalière ont été les deux autres thématiques développées par les experts. 

L’accent a ainsi été mis sur l’importance d’une gestion efficiente des risques et le suivi des facteurs globaux y afférents, notamment ceux liés aux changements climatiques, aux événements géopolitiques et aux cycles économiques ainsi qu’à leurs impacts sur les prix des matières premières. Aux yeux des experts, la lecture des courbes des taux confirme la corrélation entre la croissance et les niveaux des taux à long terme et reflète à la fois l’optimisme et la sérénité des marchés quant à la croissance économique dans la majorité des pays développés.

Ce forum a aussi été l’occasion pour les experts de faire le point sur la gestion de la volatilité de certaines devises africaines, tels le dirham, le franc CFA, la livre égyptienne, le dinar tunisien ou le naira nigérian.  À partir de ce panorama, ils sont sortis avec des recommandations sur les stratégies de couverture possibles par pays et les limites intrinsèques que représentent certaines monnaies. D’autre part, la question de l’évolution qu’a connue l’industrie des «Hedge funds» durant la dernière décennie a été longuement débattue compte tenu de l’engouement grandissant des investisseurs pour la gestion alternative. Le constat général qui s’est dégagé toutefois des interventions des analystes est que les différentes études ont démontré la faiblesse, voire l’inexistence, de l’impact de cette industrie sur l’évolution des prix des matières premières. Pour ce qui est de la filière céréalière, les échanges ont gravité, entre autres, autour des soft commodities et oléagineux ainsi que du comportement protectionniste des principaux pays producteurs. Dans ce contexte, le président du directoire du CAM, Tariq Sijilmassi, a réitéré le soutien «de bout en bout» à tous les acteurs de la filière. Le Crédit Agricole a également réaffirmé sa forte implication dans l’accompagnement de l’ensemble des industriels et des opérateurs engagés dans le commerce extérieur en mettant à leur disposition des solutions adaptées à leurs problématiques liées à la gestion des risques des marchés. Par ailleurs, les opérateurs économiques soucieux de la nécessité d’adopter une véritable politique de couverture du risque ont pu s’imprégner des meilleures pratiques de gestion des risques de marchés présentées par un panel d’experts internationaux spécialisés dans les matières premières.  

Cette rencontre est d’une importance capitale dans la mesure où elle a réuni un parterre de grands clients qui opèrent dans le commerce international et dans le secteur des matières premières agricoles et non agricoles ainsi que des experts du cabinet «RJ O’Brien», leader mondial sur la Bourse de Chicago aux États-Unis, a confié au «Matin Eco» Mohamed Fakhredine, responsable au CAM. Le Maroc, qui importe près de 93% de ses besoins énergétiques, «est tenu de suivre de très près l’évolution des marchés mondiaux» qui «offrent des mécanismes financiers pour couvrir le risque lié aux évolutions des prix», a expliqué le responsable.