Le Mouvement Anfass relance le débat sur la laïcité

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Le Mouvement Anfass pour la démocratie demande à ce que la laïcité soit inscrite dans la constitution et ouvre le débat avec des propositions audacieuses.

« L’histoire est remplie d’exemples qui nous montrent comment l’imbrication de la religion et de la politique a engendré des systèmes oppressifs et des guerres. Ces mêmes expériences que l’on peut voir actuellement avec des groupes comme Al Qaïda et Daech ».

C’est l’un des arguments chocs que le Mouvement Anfass met en avant dans un communiqué-manifeste publié mercredi 5 novembre. Et la jeune association -elle a été créée en 2013- d’enfoncer le clou en déclarant : « le Maroc doit adopter les valeurs de la modernité basées sur le rationalisme, la liberté et la démocratie afin de ne pas retomber dans ce genre de systèmes ».

Des arguments pour réclamer l’intégration de la laïcité dans la Constitution, l’égalité des citoyens devant la loi et la liberté de conscience. A ce propos, Anfass estime qu’il est « inconcevable d’obliger un citoyen à se convertir à une religion » et appelle à ce que la société reconnaisse le droit des Marocains à abandonner ou changer de croyance.
La laïcité mais en conservant la Commanderie des croyants

Certes, Anfass salue le royaume pour avoir créé « un programme d’intégration de la femme dans le développement », divisé l’article 19 de la constitution de 1996 en deux parties dans celle de 2011 et « approuvé » -en ne formulant pas de réserves- la résolution du Conseil des droits de l’Homme des Nations-Unies sur la liberté de religion et de conscience le 28 mars dernier. Mais l’association demande à ce que la liberté de culte soit réellement mise en pratique.

La mise en place de la laïcité, pour Anfass, s’articule en effet autour de trois axes : la liberté de conscience, l’égalité des citoyens devant la loi et la légitimité civile (et non religieuse) de l’Etat. A ce sujet, Anfas précise que « l’imbrication de la religion et du politique est nuisible dans la mesure où les idées et croyances religieuses peuvent être faussement interprétées ou détournées pour des intérêts bien précis ».

Cependant, si l’association ajoute qu’ « il faut impérativement développer une société obéissant à des lois civiles, elle ajoute tout en gardant la Commanderie des croyants comme symbole de garantie de la spiritualité ». De même, l’ONG propose que le Ministère des Habous et des affaires islamiques soit scindé en deux. Une partie qui gère les biens Habous et une nouvelle instance des Affaires du culte qui faciliterait la pratique des différents religieuses.

Toujours dans la même logique, Anfass propose que le Maroc instaure une réelle égalité entre les deux sexes (notamment devant l’héritage) ainsi qu’une véritable parité, y compris au gouvernement, et intègre des valeurs universelles et non religieuses dans le système éducatif.

Enfin, le mouvement explique qu’il veut lancer sur ces sujets un débat public avec toutes les composantes de la société. Vues leurs propositions très engagées -et détaillées-, la jeune association devrait y arriver sans difficultés.

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