Viagra féminin : ne vous attendez pas à atteindre l’orgasme si facilement

Organsme

La commercialisation du Flibanserin, surnommé Viagra féminin, a été autorisée aux Etats-Unis mardi sous le nom d’Addyi. Mais comment marche cette petite pilule rose et est-elle vraiment efficace ?

Le Viagra masculin et le Flibanserin, abusivement appelé Viagra féminin, ont en commun la découverte accidentelle de leurs effets. En effet, la petite pilule bleue devait originellement servir à traiter l’angine de poitrine, la petite pilule rose devait elle servir à lutter contre la dépression. Au final, c’est une toute autre utilisation qui en sera faite… Le Viagra féminin, indiqué pour les femmes souffrant d’un faible désir sexuel, a obtenu mardi le feu vert de la Food and Drug Administration, l’agence américaine des médicaments, et va être commercialisé aux Etats-Unis sous le nom d’Addyi.

Hormis leur origine hasardeuse, Viagra masculin et féminin n’ont pas grand chose en commun. Le premier entend répondre à un problème physiologique d’excitation. Il agit en accroissant le flux sanguin vers le pénis afin de susciter une érection. Le Flibanserin, lui, se concentre sur le cerveau pour pallier une baisse durable de la libido. Pour cela, le médicament agit principalement sur le taux de sérotonine, un neurotransmetteur impliqué dans diverses réactions physiologiques comme l’anxiété, la dépression, la régulation du sommeil ou des comportements sexuels donc. La pilule a également un effet sur la dopamine et la norepinephrine, deux autres neurotransmetteurs qui jouent un rôle dans la réponse sexuelle.

Attention aux effets indésirables…
Mais est-ce que ça marche ? Selon les tests réalisés aux Etats-Unis, seulement 10% des participantes ont constaté une amélioration significative de leur satisfaction dans leurs relations sexuelles. Il faut en plus attendre quatre à huit semaines avant de sentir les éventuels effets du traitement. Et la petite pilule rose « n’a apparemment pas amélioré les performances sexuelles ». Plus inquiétant, 9% à 13% des femmes testées ont dû cesser l’expérience en raison des effets secondaires pouvant aller de la somnolence à la syncope, en passant par la baisse de tension artérielle et la nausée.

Ces études, menées sur environ 3 000 femmes non ménopausées, sont celles qui ont mené à l’approbation du médicament aux Etats-Unis mais également à son refus par deux fois, s’étonne Sciences et Avenir. « Les patientes et les médecins doivent être pleinement conscients des risques liés à ce médicament avant de décider de le prendre », a fait savoir la Food and Drug Administration mardi. L’Addyi ne sera d’ailleurs disponible que sur ordonnance et tous les effets indésirables devront être clairement indiqués sur une étiquette par le laboratoire Sprout Pharmaceutical.

Le Flibanserin est destiné aux femmes présentant un syndrome d’hypoactivité sexuelle. Au moins 40% des femmes n’ayant pas atteint le stade la ménopause seraient concernées. Ce médicament n’est pour l’instant pas attendu sur le marché français. Les femmes dont la libido a sensiblement diminué suite à certaines interventions chirurgicales comme une ablation des ovaires peuvent toutefois se rabattre sur l’Intrinsa. Commercialisé sous forme de patch, il libère de la testostérone et doit être pris en complément d’un traitement à base d’estrogènes.

@L’internaute

You must be logged in to post a comment Login